Emission 50 degrés Nord :"Combat avec l'ange" avec Pierre Lekeux et Marian Handwerker
Petit conseil d'utilisation de ce blog
Introduction au site de Pierre Lekeux
"Combat avec l'ange" - Synopsis
« COMBAT AVEC L’ANGE »
Lambert Desmet, un flic raté, échoué dans l’alcool comme on échoue sur un bout de bois flottant en plein cœur de l’océan. Alors qu’il ressort d’une cure de désintoxication à la suite d’une bavure (au cours d’une intervention musclée, d’une balle perdue il a tué une fillette marocaine dans la rue), Lambert revient dans la ville, tente de retrouver ses repères, de regagner ses fonctions, son foyer, son statut et son honneur d’homme dans tous les sens du terme. Mais les portes sont désormais toutes refermées, et les dés semblent jetés ad vitam eternam. Partagé entre amours impossibles, actes irréversibles, précarité financière, frustrations sociales, il tente la dernière chose qui lui tient à cœur en ce monde, tant en quête de rédemption que d’amour : reconquérir le cœur de son fils, qui ignore jusqu’à l’identité de son père. Débute alors une rencontre faite de petites touches souvent maladroites, de violence désespérée, de peine exsudée à coups de larmes tantôt versées tantôt contenues. En parallèle, c’est aussi l’histoire de cet enfant, Léo qui, amoureux d’une fille qui a été enlevée pour être mariée de force dans son pays d’origine, a décidé de partir à sa recherche afin de la sauver, à l’instar de quelque noble chevalier des temps modernes. Un homme, un enfant, que tout sépare et que tout unit. C’est ici la rencontre de deux drames humains ; la confrontation de deux déroutes, de deux êtres en manque. La rencontre de deux individus qui étaient faits pour se rencontrer. Un père et un fils au cœur d’une ville où l’avenir peine à se frayer un chemin entre les tentacules du passé. Mais les sentiments les plus simples sont toujours les plus forts.
Daphnis Boelens, février 2008.
Extrait du journal intime de René Dauby -Producteur de "Combat avec l'ange "
Dans cette optique nous envisageons , au travers d'une fiction, d'imaginer Bruxelles autrement , sous forme de chronique, de montrer comment la ville change et comment les gens vivent ce bouleversement de société.
Léo aime Leila ,et tous ces personnages aiment l'inaccessible étoile,alors que le bonheur est peut-être tout simplement au coin de la petite rue .C'est aussi raconter l'éclatement de la famille, des cultures qui s'entrecroisent tant bien que mal mais constituent une réalité certaine:la difficulté d'aimer:"l'amour finit toujours par pâlir "comme dit un personnage dans le film . Un autre regard sur l'autre avec lequel il faut vivre bien.
C'est aussi l'histoire d'un homme en perdition (Lambert -rôle tenu par Pierre Lekeux )qui fait le constat de sa vie cassée,broyé par l'incompréhension du changement. C'est Marmeladow de Dostoïevski à Bruxelles . Il touchera le fond de l'ignoble et du désespoir pour enfin trouver la rédemption dans l'amour qui finira par triompher grâce à l'innocence et l'obtination de l'enfance .
Un grand merci à tous ceux qui nous ont aidé et soutenu dans ce projet qui , nous l'espèrons restera une expèrience constructice pour ces jeunes en quête de reconnaissance de leur talent et prouver ainsi que nous devons garder espoir dans cette jeunesse qui ne demande que de la confiance et des moyens pour nous le faire savoir .
René Dauby .
Producteur du combat avec l'ange
extrait du magazine Cinergie :"combat avec l'ange "
2008-03-01
Cette critique est parue dans le Webzine n°125Retour au cinéma social.
Depuis 38 ans, Marian Handwerker est un cinéaste résistant. Pas question pour lui de faire œuvre de cinéma si ce qu’il réalise n'est pas pour se faire le témoin des conditions de vie de ses contemporains. Sans position idéologique affirmée, mais comme un témoignage qui interpelle, interroge et dénonce. Au début des années 90, le succès de Marie, et la vague d’intérêt suscitée par Pure Fiction lui ouvraient pourtant d'autres portes. Mais plutôt que de céder aux sirènes commerciales, il préfère continuer son travail en prise directe avec la réalité.
Au tournant des années 2000, le réalisateur belge s’installe dans le quartier Marconi, entre Forest et Saint-Gilles et découvre une vie locale intense qui lui donne envie de s’engager, caméra à la main, aux côtés des habitants, et notamment des jeunes qui font vivre leurs maisons de quartier.
En 2003, il présente le premier volet d’une chronique bruxelloise (Qu’elle est jolie notre petite rue), écrite et tournée avec l’association Atout-projet. Lily (voir chronique dans notre numéro 75), une version maroxelloise de Chacun cherche son chat, le conforte dans son envie de tourner dans sa rue car, dit-il, "Montrer sa rue c’est aussi montrer le monde". Au départ d’éléments de la vie de tous les jours, il concocte, avec sa scénariste Corinne Behin, l’histoire à laquelle il met aujourd’hui la touche finale : Le retour.
| Pendant plusieurs années, dans des conditions financières plus que précaires, Handwerker, son équipe et ses voisins se sont battus avec acharnement pour tourner in vivo cette histoire qui plonge au cœur de la fragilité humaine, et confronte son public à des questions malheureusement très actuelles. Comment devient-on SDF ? |
C’est quoi, au fond, le racisme ordinaire ? Dopé par l’engagement des habitants du quartier qui lui font la confiance de croire en son idée, Handwerker se lance, à corps perdu, dans l’aventure.
"Ces gens", se dit-il, "ont le droit de voir un jour le résultat de leur travail, de leurs rêves, de leurs espoirs dans une vraie salle, sur un vrai écran de cinéma". Et même si l’heure n’est vraiment pas à l’exploitation en salles de ce genre de film, il s’accroche, activement soutenu par quelques fidèles, comme son producteur, Gérald Frydman, la cheville ouvrière de l’atelier Alfred, ou encore Pierre Lekeux, son comédien principal. D’abord intitulé Le combat contre l’ange, puis On est tous lents à ouvrir les yeux, le film connaît plusieurs versions de travail avant de trouver sa forme et son nom actuels. Il est en phase finale de mixage, et devrait être achevé, si tout va bien, à l’heure où nous publions ces lignes.
Le retour dont il est question ici, c’est celui de Lambert Desmet, un ancien flic renvoyé après une bavure (au cours d’une chasse à l’homme, il a abattu une gamine, par erreur, avec trois grammes d’alcool dans le sang). Après un an de cure de désintoxication en asile psychiatrique, il revient sur le lieu de ses "exploits", dans le quartier où il a vécu toute sa vie avec l’intention de "rattraper le temps perdu" et peut-être d’ "effacer l’ardoise". La chose est évidemment plus facile à dire qu’à faire. Il tente, sans succès, de se rapprocher de son ex petite amie, Anne, et du fils qu’ils ont eu ensemble il y a douze ans et qu’il n’a jamais voulu reconnaître : le petit Léo. De plus en plus mal à l’aise chez lui, entre une mère qui l’aime mais ne le comprend plus, et le compagnon actuel de celle-ci qui cherche à l’évincer afin d’avoir Anne pour lui seul, le gamin ne rêve que de partir au Maroc pour y sauver Leïla, son grand amour que son père a ramené au pays pour l’y marier. Pendant que, petit à petit, tout se déglingue dans la vie de Lambert, un lent travail d’apprivoisement mutuel commence entre lui et ce fils, peut-être sa dernière chance de ne pas moisir au fond du trou.
| Sombre, crépusculaire, oppressante, l’atmosphère du film reflète le monde qu’il explore : impitoyable pour les faibles et les déshérités, où les étincelles d’humanité et de solidarité sont de plus en plus difficiles à discerner pour celui qui se clochardise lentement, poussé par les blessures de la vie. Hommes et femmes sont faibles, victimes de leur environnement. Seuls les enfants et les jeunes, encore indemnes de ce climat de désenchantement général, conservent une pureté qui réveille une étincelle d’espoir. |
Malgré cela, cette vision, reflet de l’intention du réalisateur de témoigner de l’état de marasme d’un contrat social où les mécanismes de solidarité sont totalement déglingués, avec un personnage principal qui personnifie cette société désespérée pour laquelle, comme le dit Lambert, "C’est fini les beaux jours", n’incite guère à l’optimisme : on ressort de la vision du film avec comme un goût de cendres dans la bouche.
Mais, on l’aura compris, ce qui importe aux yeux du réalisateur, c’est le travail sur le matériau humain, qui associe à son œuvre de cinéaste ceux qui sont les principaux personnages de ses histoires. Le film est marqué par cet aspect de création collective ou, à tout le moins, par la place que le réalisateur entend laisser à ses partenaires : les habitants, et surtout les jeunes de la maison de quartier Marconi, où Marian avait commencé par animer un atelier cinéma. Si le prix à payer est un certain manque de subtilité d’écriture, de finesse de jeu, un côté rugueux, brut de décoffrage auquel on n’est plus trop habitué aujourd’hui, l’enthousiasme et l’implication que tous y ont mis compensent largement. Certains jeunes comédiens livrent des interprétations impressionnantes : Maroua Sebahi (qui fait également partie de l'équipe de l'émission Coup de pouce, produite par le CVB et diffusé sur Télé Bruxelles), Hicham Boujraf, Medhi Amraoui, Abdel Assaidi, sans oublier, bien sûr, Amaury Smet qui campe un Léo plein de vie, de révolte et de rage. Toute cette petite troupe se positionne sans complexe face à des comédiens professionnels de l’envergure de Pierre Lekeux (qui, en Lambert Desmet, porte sur son visage et ses épaules tout le poids de sa culpabilité et mêle résignation et détermination), Philippe Résimont (dans un rôle de brute épaisse où il peut donner toute la mesure de sa présence physique), ou Christian Crahay (inattendu en cafetier sympathique mais peu impliqué), pour ne citer que les principaux. Cette qualité d’interprétation est encore mise en valeur par une caméra incisive, très physique, qui colle aux personnages dans les moments de grande tension, mais sait aussi se faire discrète, voire pudique lorsque la situation l’exige. La musique, très expressive et les décors naturels qui montrent Bruxelles telle qu’elle est avec ses blessures, mais aussi ses surprenants élans de générosité urbanistique, constituent deux autres atouts de ce film.
On ne peut que sincèrement lui souhaiter de trouver le public que mérite la générosité de tous ceux qui ont su donner corps à ce projet atypique, courageux et, incontestablement vivant.
Extrait du dossier de presse de Luc honorez pour Cannes 2008 :"Combat avec l'ange" de Marian Handwerker
PITCH
EN SURFACE…
Lambert avance, recule, erre, touche le fond. Jusqu’à ce qu’une main d’enfant, son enfant, lui tend la main et lui demande de l’aider à réaliser son rêve : retrouver au Maroc la jeune adolescente qu’il aime…
L’adulte est une masse. Une densité de chagrins. Sa force et ses sentiments semblent lui couler des yeux et des pores de son corps. Il a le cœur gros. De chagrin. D’alcool. De solitude. De « pas de chance ».
L’enfant est léger. Léger d’un premier amour, une fille de l’immigration repartie au Maroc où il veut la rejoindre par tous les moyens.
L’adulte et l’enfant sont père et fils. Famille décomposée, la mère vit avec un autre homme. Ville décomposée aussi. Quartiers de pauvres, quartiers de riches. Natifs et immigrés qui ne veulent pas encore croire qu’ils ne sont que les pièces d’un même tissu urbain à venir. Nul ne tourne le dos à ses semblables sans représailles : l’humanité, est une armée trop disciplinée pour offrir la moindre compassion à ses déserteurs.
L’adulte s’appelle Lambert. Comme votre voisin, votre cousin ou une connaissance de bistrot. C’est un policier déchu parce qu’il a tué sans le vouloir un jeune du quartier, Malika, au cours d’une intervention musclée.
Hôpital, prison. Il est libre mais son avenir est resté derrière les barreaux. Il n’a plus foi en lui et son foie luit des excès alcoolisés. Il ne s’aime pas, ce qui le condamne à ne pas être aimé. Il est le raciste de lui-même, ce qui conduit souvent au racisme envers les autres.
Il a un revolver dans son tiroir. Il s’en sert parfois. Pour arranger les affaires de cœur de sa sœur. Pour se donner l’impression d’exister, pour bander une arme au poing et camoufler qu’il n’a même plus le désir de coucher avec une femme qui s’offre pourtant sincèrement.
Il est comme un tramway vide sous les néons de la nuit citadine. Pataud, brinquebalant, ne trouvant plus ses rails et cherchant le signal d’alarme. Alors, il erre. Il va, il vient.
Scènes mélancoliques, scènes dôles parfois. La nuit est son amie et son ennemie, un verre de bière sa poésie et une mer démontée de larmes dans laquelle il se laisse couler. Tchao, Lambert ! Bruxelles n’est pas si loin de Pantin. Ici et maintenant, qui sont la chair de cette histoire, sont aussi ailleurs.
Des Lambert, on en trouve partout. On les oublie, donc ils s’oublient. Et on a tort car de nous à Lambert ne nous sépare qu’une éjaculation malheureuse du destin.
Il y a encore quelques plumes d’ange dans Lambert. Il aimerait aider, réparer des vies qu’il croise. Mais l’ange finit toujours sous les coups des démons de cet homme qui connaît l’enfer parce que les Autres ne lui tendent pas l’envers de la main.
Son chemin, cependant, croise celui de l’enfant. Son enfant. Enfin, peut-être… Et l’enfant, fort de son rêve marocain, va souffler sur les plumes. Le relever de la déchéance, et qui sait ? La suite de nos vies marchent toujours sur le fil du rasoir…
La soixantaine abordée, Marian reste un jeune cinéaste de fougue, de colères et de solidarité à découvrir ou à redécouvrir.
Il a traversé le 7è art belge en franc-tireur. S’embusquant souvent dans des quartiers de Bruxelles (Schaerbeek dans «
Toujours sur le tranchant de sa sensibilité, lecteur boulimique d’écrits qui pourraient lui donner la clé de la logique humaine, à la fois aventurier d’un art sans peur et habité de doutes sur lui-même, il crée des personnages pour découvrir qui il est. Et par là qui nous sommes… Et cela donne de sacrées bonnes histoires.
Une enquête qui le transforme en une sorte de commissaire Adamsberg, héros cyclothymique des polars de Fred Vargas, qui mène son propre interrogatoire en compagnie de ses contemporains.
Handwerker est arrivé trop tôt dans le cinéma belge. En 1973, sa « Cage aux Ours », récit d’un petit commerçant menacé par l’arrivée des super-marchés, n’est pas dans le courant habituel des films oniriques de l’époque et est trop rapidement classé dans la vague « contestataire » de l’époque qui énerve la classe moyenne de notre pays de consensus.
Cette classification occulte les qualités de sa mise en scène : fluidité, ruptures de rythmes, transformation d’une ville en personnage (le cœur des cités bat toujours dans l’œuvre de Marian et donne le « la » aux cœurs de chair) , empathie d’une narration qui ne juge pas ses protagonistes, émotions d’une caméra qui se met dans le corps des autres…
… Si ce film était sorti 25 ans plus tard, Handwerker aurait le même statut que les frères Dardenne. Mais est-ce vraiment important ? Handwerker fut et est un « radar », celui qui, en regardeur des gens qu’il côtoie, les cassés plus que les classés, nous dit ce que sera demain, ce qu’on ne voit pas à l’œil nu, ce qu’il y a derrière les apparences.
A la fois raconteur du réel et conteur de fictions, ces techniques se mariant sans artifice, il mélange intuitivement ces deux talents pour affirmer, film après film, que tout humain a droit à la rédemption, à un deuxième souffle (comme la jeune paumée de « Marie », un des meilleurs rôles de Marie Gillain, qui se sauve en aidant un enfant).
Captant des brides de « vrai », jouant d’une atmosphère qui rappelle les faux films « noirs » de Nicholas Ray («Les anges de la nuit »), Handwerker filme des « road movies » dont les chemins sont autant dans les paysages que dans la chair, l’esprit et le cœur de ses personnages. D’où une densité d’actions et de réflexions qui hantent longtemps après sa vision.
Se perdant ou se trouvant sur ces routes d’images, Handwerker est en quête du sens de nos existences et parfois il le trouve. Et s’il ne le trouve pas, sa narration, qui n’exclut pas le pittoresque à condition qu’il soit de la vérité et non du folklore, passionne grâce à ses temps forts et à l’émotion que dégagent ses « héros » dans la ville où ils cherchent un « toit » et un « toi ».
Auteur d’un grand nombre de fictions, de documentaires et de téléfilms (« Le voyage d’hiver », « Pure fiction », « Auchwitz : un voyage d’affaires » , « L’enfant de la nuit » et, bientôt, « Avec le temps », un adaptation du roman éponyme de Marc Uytendaele), porté par la liberté que donnent les caméras digitales, Handwerker continuera être le « détective derrière l’objectif »…
Celui qui sait et veut comprendre pourquoi… Pourquoi, qui que nous soyons, atteignons-nous, conscients ou contraints, une telle maîtrise de stratégies de camouflage pour que notre propre histoire prenne l’apparence de miroirs judicieusement placés qui permettent de cacher notre vrai « moi » à nous-mêmes et aux autres.
Luc Honorez
Marian Handwerker et Pierre Lekeux sur Télébruxelles : "Combat avec l'Ange"
http://www.telebruxelles.net/portail/content/view/2008/283/
Mensurations
FICHE MENSURATIONS
Nom:_LEKEUX PIERRE______________________________________________________________________
Rôle:_GARDE DE Securité _____________________________________________________________________
Adresse:27 rue xavier de bue 1180 bruxelles 0486369864___________________________________________________________________
___________________________________________________________________
Taille confection:_________________________________________________________
| Longueurs: 1. Toise:170 cm 2. Epaule-taille devant:55 3. Sous-bras:47 4. Carrure dos:48 5. Epaule:48 6. Coude:33 7. Manche:30 8. Taille-genou:44 9. Taille-sol:99 10.Entre-jambe:95 11.Taille Jeans (américaine): Tours: A. Poitrine:102 B. Taille:98 C. Bassin:104 D. Cuisse:56 E. Mollet:40 F. Tête:56 G. Cou:42 Pointure:42 Poids:76 |
|
Film : "L'assurance-vie" avec Pierre Lekeux
Le 15/11/2003
Un homme, Lucien Hort assureur, traverse la cité administrative d'un pas rapide. Le vent lui arrache son chapeau de la tête pour le déposer un peu plus loin dans les mains de Désiré. Lucien veut récupérer rapidement son couvre-chef. Un policier s'en mêle mais Lucien meurt soudainement d'une crise cardiaque. Profitant de l'inattention du policier, Désiré file avec le chapeau ainsi que la mallette du malheureux assureur.
L'acteur Jacques Deglas passe pour la première fois derrière la caméra pour nous conter une petite fable sur les assurances, généralement utiles lorsqu'il est trop tard pour celui qui les souscrit, mais qui peuvent rapporter gros aux veuves éplorées noyant leur chagrin dans les bulles de champagne. Jacques Deglas a choisi le mode burlesque pour nous emmener au gré des péripéties de son personnage muet, Désiré, tentant d'échapper à un policier malhabile et entêté. Sur son passage, il engendre situations cocasses et accidents alors qu'il est le véhicule de l'assurance, le garant du degré de risque zéro.
Ce film, qui bénéficie de la participation de Yolande Moreau en veuve prompte à bénéficier de l'assurance vie de son défunt, et pas très regretté mari, interprété par Pierre Lekeux, dont le cadavre encore chaud se fait dépouiller jusqu'à le laisser quasi-nu, se déroule comme une suite de gags burlesques auxquels il manque toutefois le côté excessif et parodique pour déchaîner l'hilarité parmi les spectateurs. De bonnes idées pour une première réalisation qui laisse l'espoir de les voir exploitées jusqu'au bout dans une oeuvre future.
Muriel Kuypers
Cinergie.be
"Last night on earth" - Synopsis
« LAST NIGHT ON EARTH »
11 septembre 2001. Alors qu’à l’autre bout du monde la chute des deux tours du WTC sème le chaos dans les relations internationales, à Bruxelles se produit simultanément un drame à une échelle si minuscule que personne ne la voit, à savoir le drame de Max. Rongé par un sentiment d’échec à tout point de vue, il décide de mettre fin à ses jours. Mais avant de mourir, il veut laisser une trace de son passage sur terre. Pour ce faire, il contacte Bud, son meilleur ami, afin que celui-ci le filme durant ses vingt-quatre dernières heures de vie, qui signifieront une traversée de sa ville natale, de jour et de nuit, mais aussi une traversée de son existence passée sur terre. Ainsi, au cours de ses pérégrinations dans la ville, il réglera ses comptes avec la société, avec les notions d’amour et de guerre, avec Dieu et toute l’humanité. Mais dans la foulée, le voilà qui tombe nez à nez avec Carla, son ex-épouse, qui lui fera une révélation des plus saisissantes… à propos de Bud. Et alors qu’il sauve une fille en chaise roulante de l’emprise d’un maquereau, Max réalise qu’il n’a pas pris la bonne décision en se levant ce matin-là. Mais n’est-il pas déjà trop tard pour faire marche arrière ?
Daphnis Boelens, février 2008.
Article : Variety
LAST NIGHT ON EARTH (Variety) |
| |
| JUSTIN CHANG Virtuosity and ineptitude jockey for position in "Last Night on Earth," with the former coming out ahead --- just barely. Heavily improvised and shot over a single 18-hour period in Brussels, French-language pic is billed as "a film without limits," but the pretension and lack of discipline displayed show limits can be good. Still, sleek 70-minute debut feature from 25-year-old director, co-writer and actor William August (who has a producing credit under pseudonym Giles Daoust) is fascinating almost in spite of itself. Interest may depend on how effectively marketers can play up this reasonably accessible experiment's considerable spontaneity and daring. As might be guessed from its title, pic purports to be an account of one man's final 24 hours. Max (Pierre Lekeux) is a middle-aged Belgian who is so mad at the world he buys a gun to commit suicide. Before he does the deed, however, he asks his best (maybe only) friend, Bud (August), to follow him around the streets of Brussels with a digital camera, recording his last day as a sort of embittered testimony by a man who feels let down by society. Thus, except for a few moments when Bud sets down his camera so that he can enter the frame and talk to his subject, "Last Night on Earth" is lensed entirely from August's perspective. Press notes describe the result as "an almost Dogma movie," and although it breaks some of the rules, it also scrupulously obeys others, particularly its strict reliance on natural lighting. Pic could very accurately be called a Dogma 95 mockumentary, with all the brilliance and incompetence that the term suggests. First half is essentially an extended rant against God and the human race. At one point, Max's rage boils over and he directs his invective at the camera, even chasing Bud through a park before collapsing in angry exhaustion. Most of the time, however, Bud simply follows Max and watches him confront the people who have allegedly screwed him over. First on the list is Max's balding tyrant of a boss (Dan Sluijzer), whom Max meets in what may be the film's worst scene, with their confrontation full of mock-fascist dialogue like "You only exist because I allow you to exist." The camera is rarely an impassive observer in these moments, as August and co-editor Michel Afota deploy all manner of gimmicks --- jump-cutting, cross-cutting, fading to white, even altering the aspect ratio --- anything to jazz up a scene. Effect aims for a sub-Godardian playfulness but ultimately undercuts the helmer's intent, which is to show reality captured on the fly. In the next confrontation, between Max and his ex-wife, Carla (Muriel Ferrer), a shocking revelation completely alters, perhaps even destroys, what the film previously stood for. Though blatantly melodramatic, twist nonetheless leads to pic's most rewarding passage, during which Max, for once, remains almost completely silent. Lekeux's performance is remarkably deft throughout, effortlessly holding the camera's attention and subtly turning auds' initial revulsion into sympathy. Pic also benefits enormously from the third-act appearance of Melinda (Caroline Veyt), a kind, wheelchair-bound woman who forces Max to reconsider his decision. Pic's borderline-laughable dialogue is poorly served by its extremely shoddy subtitles, which contain more errors in spelling and grammar than can be counted in a single viewing. -- (BELGIUM) A Title Films presentation of a Title Films/Bad Fourteen Pics production. Produced by Giles Daoust. Executive producers, Alain Berliner, Serge Peffer. Directed by William August. Screenplay, August, Daphnis Boelens. Camera (color, DV), August; editors, Michel Afota, August; music, August; sound, Pierre Bachy. Reviewed at Hollywood Film Festival, Oct. 16, 2004. Running time: 70 MIN. Max ..... Pierre Lekeux Bud ..... William August The Boss ..... Dan Sluijzer Carla ..... Muriel Ferrer Melinda ..... Caroline Veyt The Soldier ..... Daphnis Boelens The Husband..... Stefan Sattler Copyright © 2003 Reed Business Information, a division of Reed Elsevier Inc. Variety is a registered trademark of Reed Elsevier Properties Inc. and used under license. All Rights Reserved. |
Strass - Synopsis
Un Conservatoire de Théâtre où enseigne un professeur aux méthodes pour le moins douteuses et vaseuses, approximativement basées sur des concepts issus des écoles de Stanislavski, de Julian Beck et autres piliers de l’enseignement de comédien à l’est comme à l’ouest. Professeur Pierre Radowski, personnalité perverse, manipulatrice, cynique, aimant l’inavouable, l’insoutenable, l’irréversible. Abusant de ses élèves, il les plonge dans des états extrêmes de désarroi et de désordre afin de les fragiliser, de les soumettre à ses fantasmes les plus violents et lubriques, de les transformer en ses boiteuses marionnettes. Sombre marionnettiste en enfer. Parfois, ces marionnettes se révoltent, et les poings serrés succèdent alors aux cris et aux larmes. Tout cela dans une atmosphère spectaculairement malsaine, où interviennent notamment un directeur BCBG qui ne dirige de son établissement que les briques des murs, un acteur post-soixante-huitard à la prétention vomissante, issu de ce même Conservatoire et qui en est devenu le modèle de référence – c’est tout dire !... En deux mots, un petit bijou d’un underground passé overground, avec un casting à la hauteur de la bassesse que le film expose et explose. Un petit chef d’œuvre à ne pas manquer, car même s’il grince, le rire est royalement au rendez-vous. Vous aussi vous voulez devenir acteur ? Eh bien, bonne merde !
Daphnis Boelens, février 2008.











































